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Couverture livre OPA sur le Mammouth

"La seule vraie désobéissance est celle qui permet d'inventer"
Michel Serres

A l’occasion de la publication du roman « OPA sur le mammouth », Souffle court éditions a mis en place ce site collaboratif pour participer concrètement au débat sur l’école et favoriser de façon inédite l’échange entre les personnages d’un roman et ses lecteurs.

« OPA sur le Mammouth » est une fiction ancrée dans l’actualité qui porte sur la privatisation massive de l’éducation nationale. Il ne s’agit pas de débattre du bien-fondé de cette option radicale mais de s’appuyer sur ce récit provocateur, crédible car bien informé, pour aider l’école de la république à affronter les évolutions brutales d’une société en transition.

En première ligne face aux fléaux du décrochage scolaire, du chômage et de la précarité des jeunes, l’école, devenue très inégalitaire, a plus que jamais besoin d’idées neuves. Sur ce site elles sont servies avec bon sens et simplicité par les personnages du roman qui s'invitent dans le débat sur l'école.

Que vous soyez élèves, enseignants, parents d’élèves ou citoyens vigilants, ce roman et ce site vous permettront de mieux comprendre l’école pour œuvrer à ce qu’elle redevienne un lieu où apprendre est plus important qu’enseigner.

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Philippe Vieille Souffle court éditions philippe@soufflecourt.com

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Interviews des personnages du roman

Dave Mulland
homme d'affaires américain et créateur des Unités scolaires compétitives
Souffle court éditions (SCE) : Monsieur Mulland, comment l’idée de privatiser massivement l’école française vous est-elle venue ?
Dave Mulland (DM) : Mon projet initial était de créer des écoles privées équipées des outils informatiques et numériques les plus récents pour garantir un véritable suivi personnalisé des élèves. J’avais bien senti le besoin d’une telle offre dans le paysage éducatif français mais je n’avais pas l’intention d’engager cette OPA sur l’école publique. Le succès de mon initiative et le besoin de recruter massivement des enseignants m’ont amené à envisager cette hypothèse. Le niveau d’endettement de la France, sa difficulté à financer l’école, à lui donner une gouvernance et des moyens adaptés aux grands enjeux du monde sont autant d’éléments qui ont rendu possible cette démarche de privatisation à grande échelle.
SCE : Vous parlez de suivi personnalisé comme d’une innovation, mais la réforme du lycée en cours s’appuie justement sur l’accompagnement personnalisé des élèves.
DM : Les intentions semblent identiques et les termes sont proches mais ils renvoient à des concepts fondamentalement différents.
En effet, dans l’Education Nationale, l’Aide Personnalisée (AP) est un concept intelligent totalement dévoyé. Une fois de plus, des pédagogues proposent des mesures clairvoyantes qui sont dénaturées dès lors qu’elles sont mises en œuvre dans les établissements. Les fameuses heures d’AP se transforment vite en variable d’ajustement des services horaires et dotent le chef d’établissement d’un volume horaire attribué à sa libre discrétion, pour préserver le poste d’un enseignant qui n’aurait pas un service complet (nombre d'heures de cours hebdomadaires insuffisant : 15 heures pour les professeurs agrégés et 18 heures pour les professeurs certifiés) et devrait par conséquent enseigner dans un deuxième établissement, cette manœuvre ayant pour objectif de servir les intérêts des disciplines ou des professeurs qui ont grâce à ses yeux. Je vous mets au défi de trouver plus 10% des professeurs qui considèrent cette mesure comme efficace dans la personnalisation de l’aide. Les gens qui ont conçu cet outil ont pensé d’abord à l’élève mais ont oublié que les chefs d’établissement géraient prioritairement les exigences du corps enseignant.
SCE : Monsieur Mulland, votre vision de l’Education Nationale est manichéenne et diverge totalement des discours officiels. Vous semblez affirmer que la réforme du lycée sert en premier lieu les intérêts du corps enseignants plutôt que ceux des élèves.
DM : Vous m’interrogiez sur mes motivations et finalement, c’est vous qui répondez … Je suis effectivement pour une école où apprendre est plus important qu’enseigner, c’est-à-dire une école centrée sur les intérêts de l’élève plutôt que sur ceux de la communauté éducative.
SCE : C’est un peu facile de s’ériger en parangon de vertu alors que votre seule finalité est de faire de l’argent.
DM : Effectivement, j’en fais une affaire commerciale et c’est pour cette raison qu’elle a une chance de réussir. Je considère comme mal venues les leçons de vertu que me donnerait une institution qui laisse autant d’enfants sortir de la route sans formation alors qu’elle est censée œuvrer pour l’égalité des chances. Selon une Dépêche AFP du 12/05/2011 citée par le Figaro : l’ Éducation nationale a recensé entre juin 2010 et mars 2011 180 000 jeunes sortis du système scolaire sans diplôme qui sont des « perdus de vue ».
En plus du gâchis social, les lacunes du système éducatif français génèrent un business très lucratif, celui des cours particuliers. Plus de deux milliards d’euros de chiffre d’affaires (Marianne, 17 juin 2011), un taux de croissance annuel proche de 10%, le tout financé en partie par le contribuable par le jeu de la défiscalisation. Les citoyens français paient deux fois, l’avoir fiscal (50% du prix des heures de cours) et les profs (qui parfois à leurs heures perdues cessent d’être des fonctionnaires et deviennent auto-entrepreneurs pour soigner leur fin de mois). Quant à l’égalité des chances, je vous laisse imaginer qui a les moyens d’offrir à son enfant un répétiteur privé, et à qui bénéficie l’avoir fiscal. Si les heures de présence face aux élèves augmentent, le nombre d’élèves par classe baisse automatiquement et les élèves sont mieux suivis. Notre projet de privatisation fonctionne car nous mettons en œuvre ce principe qu’aucun syndicat ni aucun politique osera un jour assumer publiquement.
SCE : Vous parlez d’économie de moyens alors que vous le savez l’Etat est endetté et doit continuer à soutenir l’Education Nationale. Vous lancez vos écoles privées avec l’argent de la bourse, c’est plus facile.
DM : Si l’Etat était un peu plus imaginatif et la communauté éducative un peu plus responsable, la seule baisse de l’avoir fiscal sur les cours particuliers donnerait des moyens supplémentaires très significatifs. Les investissements dans les établissements scolaires sont financés par les collectivités locales, quel suivi de la performance des établissements opèrent-elles ? Pourquoi ne pas concevoir qu’un établissement dont les élèves suivraient moins de cours particuliers puisse récupérer une part de l’économie fiscale qu’il fait réaliser à l’Etat. Les Conseils Généraux et les Régions doteraient alors l’établissement en moyens pédagogiques supplémentaires.
Idées proposées par Mr Mulland :
Réduire l’avoir fiscal sur les cours particuliers et faciliter l’intégration des étudiants (qui donnent ces cours dans les établissements) et rémunération incitative des enseignants qui participent à ce soutien scolaire en plus de leurs heures de cours.
Zoé Alfard
professeur d'histoire-géographie et responsable du nouveau syndicat "l'école de la nouvelle vague"
Souffle court éditions (SCE) : Mademoiselle Alfard, vous êtes la créatrice d’un nouveau syndicat, ne pensez-vous pas qu’il s’agit du syndicat de trop ?
Zoé Alfard (ZA) : Je pense que mes collègues engagés dans les syndicats traditionnels sont de votre avis ! En fait la question n’est pas celle-ci. Ce serait plutôt : « Pourquoi les syndicats existants ne parviennent-ils pas à remettre l’école dans le bon sens ? ». Je pense que cela tient au fait que les syndicats font désormais partie du système, qu’ils sont un des éléments de cette technocratie, et qu’ils raisonnent par rapport à leur intérêt particulier, celui de la corporation qu’ils représentent (syndicat des profs, des inspecteurs, des proviseurs…) mais jamais dans l’intérêt du système dans son ensemble.
SCE : vous n’y allez pas de mains mortes !
ZA : Je n’ai aucune animosité à l’égard de mes collègues dirigeants syndicalistes. Je comprends leur logique : ils ont une clientèle, les adhérents, qu’ils servent. Mon engagement à moi est de défendre l’intérêt de l’école et des écoliers, avant celui d’une catégorie particulière de personnels de l’Education Nationale. Je pense que c’est en faisant aimer l’agriculture que l’on aide le mieux les agriculteurs et en faisant aimer l’entreprise que l’on aide le mieux les entrepreneurs. Pourquoi en serait-il autrement pour l’école ? L’Education Nationale doit changer ses pratiques pour se faire apprécier et c’est ainsi que j’entends œuvrer au sein de mon syndicat. Ceux qui défendent les intérêts catégoriels et court-termistes (emploi du temps, mutation etc…) ou qui font pression pour cogérer des établissements ou des académies entières desservent sur la durée la cause qu’ils prétendent servir. Quant à l’intérêt des élèves, je vous laisse imaginer la place qu’il occupe !
SCE : En quelque sorte, vous êtes un peu une représentante des désobéisseurs ?
ZA : Je ne pense pas qu’on puisse se contenter de désobéir. J’ai beaucoup de respect pour ces gens qui ne se satisfont pas de l’ordre établi et qui l’expriment, mais encore davantage pour ceux qui prennent des risques pour faire avancer des idées nouvelles. Je considère que l’on change un système de l’intérieur en prenant appui sur ses failles pour le faire vaciller. Je suis sur le terrain de la construction d’une alternative, pas sur celui de l’indignation.
L’indignation donne la force de s’asseoir dans la rue et de dire : « cette fois on s’arrête ». Mais il faut reconstruire de façon positive et bienveillante pour retrouver la force d’avancer.
SCE : Vous êtes un peu fleur bleue dans ce monde de requins que vous décriez !
ZA : Nous sommes des milliers à être encore émerveillés par notre métier et ses missions émancipatrices. Je suis en colère devant la destruction organisée et lente qui est à l’œuvre dans nos établissements. Ceci n’est que le résultat prévisible d’une somme impressionnante de petites compromissions, d’arrangements faciles, de petits avantages acquis, de perte de repères par rapport à la mission. Il y a des grands professeurs, de grands chefs d’établissement et un nombre impressionnant de petits caporaux. L’engagement n’est pas un sport de spectateur, il nécessite le renoncement à une forme de confort.
SCE : Il y a plus d’un million de fonctionnaires à l’Education Nationale, mais votre rôle de fonctionnaire n’est-il pas justement de faire fonctionner au mieux le système scolaire tel qu’il est plutôt que de le remettre en question?
ZA : Le rôle d’un fonctionnaire est aussi de ne pas s’accommoder des dysfonctionnements de la chose publique. Les résultats sont là, nous devenons des « dysfonctionnaires » ! Il n’y a que les fous ou les ministres de l’Education Nationale pour dire que cette institution fonctionne correctement et prépare la jeune génération à affronter le monde de demain qui évolue chaque jour avec toujours plus de brutalité et de questionnements
SCE : Quelle est votre proposition ?
ZA : Je vais créer le syndicat « Ecole de la nouvelle vague », dont la feuille de route sera de prendre le système à rebrousse-poil. Pour la première fois seront réunis, professeurs, inspecteurs, chefs d’établissement, parents d’élèves, pour proposer une manière intelligente et efficace de réformer l’école. Cette pluralité ne devra pas reculer devant les sacrifices et les remises en cause nécessaires. Nous aurons pour seul mot d’ordre : réinventons une Ecole publique plus performante et adaptée aux réalités du monde. Nous travaillerons pour ne plus céder un millimètre sur les valeurs fondamentales que sont l’égalité et la fraternité, la gratuité et la laïcité.
Idées proposées par Zoé Alfard
- Ouvrir le recrutement des chefs d’établissement aux salariés non enseignants et conditionner leur titularisation à la décision collégiale du Rectorat et du CA de l’établissement.
- Création d’un syndicat des usagers de l’école : parents, élèves, professeurs, personnel éducatifs, chef d’établissement financé à 100% par les adhésions.
Gisèle du Moulinay d'Abray
Inspectrice Générale de l'Education Nationale, diplômée de l'Ecole Normale Supérieure
Souffle court éditions (SCE) : Vous étiez inspectrice générale, une des plus hautes fonctions à l’Education nationale, pourquoi avez-vous choisi d’y renoncer pour rejoindre les Unités Scolaires Compétitives de Mondial Media ?
Gisèle du Moulinay d'Abray (GMA) : Ce choix finalement était assez simple. Depuis plusieurs années, j’encadrais des cohortes d’inspecteurs et j’ai pu apprécier ce que signifiait l’évaluation au sein de l’Education nationale. Alors que nous devons relever le défi de l’exclusion, alors que nous devons préparer de nouvelles générations à affronter un monde de mutations violentes, notre système éducatif considère le mérite et la performance comme des gros mots. En tout cas, le moins que l’on puisse dire c’est que le mode d’évaluation des enseignants n’est ni transparent, ni cohérent. Que dire d’un système qui fait progresser les enseignants à l’ancienneté en soumettant les professeurs au bon vouloir des inspecteurs et des chefs d’établissements ? Imaginez-vous que pour bloquer la progression d’un professeur, il suffit de ne pas l’inspecter… Ne trouvez-vous pas caricatural qu’on soit plus facilement inspecté à proximité des grandes villes où sont logés les rectorats ?
SCE : Vous n’allez tout de même pas nous faire croire que les inspecteurs travaillent sans critère, sans ligne directrice et sans orientation politique.
GMA : Parlons-en, des critères… Ces critères sont inconsistants, opaques. Le résultat d’une inspection relève surtout souvent du bon relationnel avec l’inspecteur et le chef d’établissement, voire du copinage. Les élèves, premiers concernés, ne sont jamais consultés lorsqu’il s’agit d’évaluer leurs enseignants. Et au final, quel est le produit de sortie d’une inspection ? Un rapport au contenu complètement hétérogène, qui est en principe remis à l’enseignant mais qui s’avère souvent sans grande utilité. Et puis, surtout, la note administrative, nombre magique censé à lui seul résumer le niveau de compétence, les points forts, les axes de progression d’un enseignant… en réalité, cette note, à un dixième de point près, est déterminée à l’avance selon l’ancienneté de l’enseignant, sa position sur la grille statutaire, sa note précédente, et les négociations avec les organisations syndicales…
En résumé, la subjectivité et l’inconsistance servent à créer le vernis de la performance. J’ai même trouvé des chefs d’établissement qui précisaient que leur prof devait « ne pas avoir de problème personnel » pour être autorisé à enseigner en filière scientifique ! J’ai trouvé une note d’inspection qui précisait comme positif « la docilité » de l’enseignant… et en réaction avec ce système médiocre, on voit maintenant foisonner des initiatives malsaines comme le site internet note2be.com qui a fait scandale en proposant une pseudo-évaluation publique des enseignants, ouverte à tous sans aucune règle précise, et qui a entraîné de nombreux excès voire de la calomnie. Tant qu’on n’encadrera pas l’évaluation des enseignants par un dispositif professionnel performant et transparent, ces dérives risquent de devenir la norme.
SCE : Que proposeriez-vous pour changer ce système ?
GMA : Je considère comme une urgence absolue que les inspecteurs évaluent d’abord le goût du professeur pour sa discipline et son talent pour la transmission de savoir. Ceci s’évalue facilement. Quel travail de remise à niveau l’enseignant s’impose-t-il? Comment travaille-t-il sa transmission de savoir ? Pour cela, il suffirait juste que l’enseignant garde trace de ses cours précédents et de ceux qu’il a remis à jour pour s’adapter aux évolutions de sa matière. L’inspecteur pourrait ainsi s’assurer de l’implication du professeur . Vous devriez jeter un œil sur cette liste de critères qui mériteraient d’être adressée aux professeurs avant leur inspection. De même qu’un tableau des professeurs et matières inspectées pourrait être mis en ligne annuellement sur le site des établissements et des rectorats. Par ailleurs, il me semble indispensable d’ouvrir l’inspection à d’autres parties prenantes (chef d’établissement, élèves, parents, CPE) qui fréquentent au quotidien la personne à évaluer, ce qui n’est pas le cas de l’inspecteur qui, statistiquement, ne peut venir visiter un enseignant au mieux qu’une fois tous les trois ans.
idée proposée par Madame Moulinay d'Abray
- Favoriser l'auto-évaluation du travail personnel tant au niveau quantitatif que qualitatif réalisé par les enseignants en dehors des cours, initiative permettant de les protéger contre leurs détracteurs qui remettent trop souvent en cause la durée effective de leur temps de travail et ainsi critiquent leur revenu et leur nombre.
Albert Remercié
PDG de Mondial Média
Souffle court éditions (SCE) : Mr Remercié, vous êtes à la tête d’une firme multinationale dont le volume d’affaires se chiffre en milliards d’euros. Pourquoi avoir choisi de vous intéresser à l’école ?
Albert Remercié (AR) : Pour être franc, il s’agit d’un engouement récent. Auparavant, je m’intéressais à l’école uniquement comme client, ou comme consommateur de diplômés. La seule chose que j’attendais de l’Ecole publique, c’est qu’elle produise au moindre coût la main d’œuvre dont j’ai besoin pour mes usines. Et je paie pour ça : l’an dernier, l’Etat a ponctionné à Mondial Media un peu plus d’un milliard d’euros d’impôts. Est-ce que j’en ai pour mon argent ? Pas sûr.
SCE : Alors, pourquoi vous intéressez-vous maintenant à l’offre éducative au point de déployer vos propres écoles dans tout le pays ?
AR : Je m’y suis intéressé par accident puis par opportunisme financier. On m’a ouvert les yeux sur le fait que l’éducation était un business qui pouvait s’avérer très rentable. Alors, par devoir envers mes actionnaires, je m’y suis investi pour réfléchir à la meilleure manière d’en tirer profit.
Ce que j’ai découvert du fonctionnement de l’école m’a intrigué et comme entrepreneur je me suis piqué au jeu. L’immensité de la tâche qu’il y avait à accomplir pour faire fonctionner notre école de manière efficace m’a convaincu que cela était impossible avec les personnels actuels et leur mentalité.
SCE : J’imagine que vous êtes de ceux qui considèrent que l’école doit être administrée comme une entreprise ?
AR : L’école ne doit pas être seulement administrée, elle devrait être managée, mais ce terme heurte le monde de l’éducation. Je pense que je suis bien placé pour savoir comment se gère une équipe, comment s’élabore une organisation, comment on prépare un budget, comment on s’assure du respect des objectifs, comment les compétences et les motivations des collaborateurs doivent être entretenues et mobilisées…Bref si l’école s’inspirait de certaines pratiques de l’entreprise, elle ne perdrait pas son âme, et bien au contraire, je pense qu’elle se renforcerait dans ses missions et cesserait d’être aussi inégalitaire.
SCE : Cette façon de piloter est sans doute valable pour les écoles du privé qui ont les moyens de leurs ambitions mais l’école publique n’a pas ces moyens.
AR : C’est un faux débat. Regardez par exemple les Pays de Loire ou la Bretagne, où le privé est beaucoup plus présent qu’ailleurs : les établissements publics y sont plus performants qu’ailleurs alors qu’ils n’ont pas plus de moyens ! Pourquoi ? Grâce aux vertus de la concurrence ? Des solutions peuvent donc être trouvées, à moyens constants : quand une structure a moins d’argent, elle doit impérativement optimiser sa gestion pour améliorer ses résultats (je ne dis pas « performance » pour ne pas finir sur un bûcher).
SCE : « Gestion, administration, performance » : on est loin des grands principes qui fondent l’école de la République.
AR : C’est beau les principes, mais que dites-vous du principe de réalité ? Pensez-vous qu’un professeur qui a enseigné 15 ans l’histoire géographie soit le plus à même de diriger une cité scolaire de plusieurs centaines de salariés, sans quasiment aucune formation préalable au management et à la gestion du personnel? Moi en tous cas, je ne lui confierais pas la gestion de mes équipes.
Par ailleurs, pour s’en sortir, le chef d’établissement devrait être soutenu par un conseil d’administration professionnel, rigoureux, informé, impliqué, qui soit un véritable outil de co-pilotage. On est, semble-t-il, loin du compte.
SCE : vous proposez une réforme des conseils d’administration des établissements scolaires ?
AR : Je peux simplement dire que la notion de responsabilité est au cœur du fonctionnement d’un conseil d’administration. Pour cela, le dirigeant doit avoir un discours intelligible et compris par tous les membres qui prendront ensuite leurs décisions en conscience. Les CA de complaisance qui se transforment en bureau d’enregistrement sont inutiles pour les organisations concernées et les dirigeants qui les pilotent au quotidien. Nous connaissons ces dérives dans le privé, le marché et la finance se chargent à leur façon de corriger les dysfonctionnements, dans le domaine de la chose publique il en est tout autrement, le pouvoir est exercé sans véritable contrôle par un homme souvent bien seul et peu formé pour répondre efficacement aux enjeux d’intérêt général qui lui incombent.
Idées proposées par Albert Remercié :
- Création d’une charte des responsabilités à signer par les enseignants, dirigeants et membres du CA, représentants des parents d’élèves et des élèves.
- La synthèse des documents du CA doit être accessible sur le site de l'établissement.
- Participation obligatoire d’un représentant académique et d’un représentant de la collectivité de tutelle à chaque conseil d’administration afin que la parole de la double tutelle publique soit engagée à l’appui des décisions du conseil.
- Reporting des résultats par section et par discipline avec mise en perspective des moyens qui furent attribués.
- Participation à des formations au métier de dirigeants proposée par les syndicats et organisation de chefs d’entreprise.
Arlette Vanich
Secrétaire Nationale de la FEU (Force Enseignante Unitaire), premier syndicat enseignant du second degré
Souffle court éditions (SCE) : Comment le principal syndicat enseignant du second degré que vous dirigez réagit-il à la tentative d’O.P.A sur les écoles publiques qui aura lieu le 3 juillet prochain ?
Arlette Vanish (AV) : Force Enseignante Unitaire a toujours été au côté des collègues pour défendre leurs aspirations légitimes, et continuera de le faire. Notre plate-forme de revendications vise à la création immédiate et massive de postes supplémentaires partout où ils sont nécessaires, la diminution systématique du nombre d’élèves par classe, et, afin de rattraper les pertes de pouvoir d’achat récurrentes subies par la profession, nous demandons une revalorisation indemnitaire de 120 points d’indice pour l’ensemble des enseignants du second degré. Nous sommes prêts à lutter, et faute de nous être fait entendre par le ministère, nous n’hésiterons pas à mobiliser l’ensemble des collègues dans un rapport de force de grande ampleur.
SCE : Ma question portait sur le développement des Unités scolaires compétitives du groupe Mondial Media… Que pensez-vous de ces écoles privées ?
AV : Je refuse d’aborder le sujet de ce néfaste groupuscule. Savez-vous qu’à l’heure actuelle, ce type d’établissements ne représente que 0,1% des écoles françaises ? Je m’oppose, moi, à la surmédiatisation d’une expérimentation insignifiante et malsaine, qui plus est portée par des gens… des gens… Je vais vous dire, moi : les professeurs qui acceptent d’abandonner leur mission de Service public pour rejoindre ces usines scolaires, ce sont des traîtres qui ont troqué leur conscience professionnelle contre du fric et un beau bureau : des fonctionnaires devenus mercenaires.
SCE : Pourtant, l’actualité est bien là : le 3 juillet prochain, le groupe Mondial Media va proposer à tous les enseignants de devenir ‘professeurs-actionnaires’ et de rejoindre une Unité scolaire compétitive. Comment vous préparez-vous à cette grave échéance ?
AV : « Grave échéance » ? Risible. Cette ridicule tentative de privatisation n’intéresse personne, tant elle est vouée à l’échec. Ceux qui croient pouvoir faire main basse sur le plus noble pilier de notre République, alors que les enseignants sont viscéralement opposés à cette O.P.A, foncent droit dans le mur. Ce projet n’a aucune chance d’aboutir, il est évident que Mondial Media renoncera, dans les prochaines semaines, à son projet scandaleux. Bien fait pour les fonds de pension américains ! Et une fois cet épisode oublié, Force Enseignante Unitaire continuera d’être au côté des collègues pour défendre leurs aspirations légitimes. Notre plate-forme de revendications est la création immédiate et massive de postes supplémentaires partout où ils sont nécessaires, la diminution systématique du nombre d’élèves par classe, et, afin de rattraper les pertes de pouvoir d’achat récurrentes subies par la profession, nous demandons une revalorisation indemnitaire de 120 points d’indice pour l’ensemble des enseignants du second degré. Nous sommes prêts à lutter, et faute de nous être fait entendre par le ministère, nous n’hésiterons pas à mobiliser l’ensemble des collègues dans un rapport de force de grande ampleur.
SCE : Bien sûr, bien sûr. Mais face à cette menace de privatisation, on observe en France l’émergence de nouveaux syndicats réformistes qui préconisent de sauver l’Ecole publique en la modernisant de l’intérieur, sans préjugé et en privilégiant la qualité du service rendu à l’usager sur les intérêts corporatistes… Quelle est la position de Force Enseignante Unitaire sur ces nouveaux syndicats ?
AV : Aucun intérêt : vous faites là référence à un phalanstère totalement isolé de la communauté éducative, regroupement opportuniste d’individus aigris. Comment voulez-vous que ces gens-là aient de bonnes idées sur l’école, alors que certains d’entre eux ne sont même pas enseignants ? De toute manière, ces syndicats-là ne seront jamais reconnus comme organisations représentatives par le ministère. Camarades syndiqués ! Continuez à faire confiance à la FEU, le syndicat majoritaire qui a toujours su porter vos légitimes revendications : création immédiate et massive de postes supplémentaires partout où ils sont nécessaires, la diminution systématique du nombre d’élèves par classe, et, afin de rattraper les pertes de pouvoir d’achat récurrentes subies par la profession, nous demandons une revalorisation indemnitaire de 120 points d’indice pour l’ensemble des enseignants du second degré. Nous sommes prêts à lutter, et faute de nous être fait entendre par le ministère, nous n’hésiterons pas à mobiliser l’ensemble des collègues dans un rapport de force de grande ampleur.
Idées proposées par Madame Vanich :
- Augmentation des moyens, et en particulier du nombre d’enseignants
- Réduire l'accès des non enseignants au monde de l'éducation
- Réduire le transdisciplinarité qui complique tout.
Corentin Jollius
Inspecteur Pédagogique Régional. membre actif et précieux du syndicat de la nouvelle vague
Souffle court éditions (SCE) : Mr Jollius, vous êtes inspecteur depuis de nombreuses années, à ce titre vous avez accompagné de très nombreux enseignants à la fois dans leur carrière mais aussi dans l’exercice de leur métier. Quel regard portez-vous sur l’école d’aujourd’hui ?
Corentin Jollius (CJ) : La situation d’aujourd’hui est très contrastée. Bien sûr, la mission d’enseigner reste à mes yeux l’un des plus beaux métiers qu’il soit possible d’exercer. Toutefois, le corps enseignant est exposé à une pression récurrente et multiforme : les réformes pédagogiques à n’en plus finir, l’explosion des incivilités, le comportement consumériste des parents, l’absence de capacité managériale des chefs d’établissements, la pression réglementaire, voir judiciaire, tout cela constitue un carcan duquel il est bien difficile de libérer la majorité des enseignants.
SCE : Tout de même, tous les profs ne souffrent pas ?
CJ : Je vais vous étonner mais je pense que ceux qui souffrent le plus sont les plus motivés, ceux qui voudraient innover dans la pédagogie, se remettre en question pour s’améliorer constamment, par amour du métier… mais le poids de notre technocratie est tel que la docilité semble parfois un bien meilleur moyen de progresser que l’initiative et l’exigence qui sont souvent vilipendées.
SCE : Vous considérez que l’exigence est un gros mot au sein de l’école ?
CJ : C’est pire que cela, c’est un code. Quand un chef d’établissement gratifie un de ses enseignants d’ « exigeant », il envoie à son successeur une information : ce prof est casse-pied, il note dur, il remet en cause les méthodes, bref il donne beaucoup de travail. Un prof exigeant c’est aussi la fin du nivellement par le bas qui s’accommode mal de la politique du chiffre : il est facile de mener 80% d’une classe d’âge au bac, il suffit de déplacer le curseur de la moyenne ; en revanche, effectuer un suivi scrupuleux de l’avenir post bac des élèves formés est beaucoup plus délicat, sans parler des décrocheurs scolaires, que le ministère a lui-même qualifiés de « perdus de vue ». Et je dois reconnaître que nous autres, les inspecteurs, sous couvert de servir l’intérêt général et les générations futures, sommes parfois dans la connivence avec certains syndicats, avec certains chefs d’établissement, et nous pilotons un paquebot bien fatigué.
SCE : C’est un tableau bien noir que vous nous dressez ici… d’où peut provenir l’espoir dans ce paysage ?
CJ :Je reconnais que de gros nuages planent actuellement sur le paysage éducatif français. On étouffe un peu ! Il est difficile de faire valoir des points de vue qui relèvent du bon sens mais qui s’opposent au dogme! Alors beaucoup font le dos rond, attendant que ça passe et espérant secrètement que nos jeunes collègues sauront réagir plus fort et plus vite que les vieux chevaux de retour comme moi. L’espoir se situe exactement là. Einstein a dit : « Ce n'est pas avec ceux qui ont créé des problèmes qu'il faut espérer les résoudre ». Cela tombe bien : quand on regarde la pyramide des âges, on se rend compte que la moitié des personnels de l’Education Nationale (nous sommes plus d’un million !) sont amenés à être remplacés par de nouvelles têtes dans les dix prochaines années !
C'est merveilleux de se dire qu’en faisant tout sauter ce sera forcément mieux après. Ce système, c’est par la base qu’il faudra le faire vaciller.
SCE : vous êtes un inspecteur révolutionnaire ?
CJ : Non, je suis très attaché au projet de l’école républicaine, je veux simplement que l’ascenseur social soit remis en marche. Ceci passe par la fin de la connivence, des petits arrangements entre amis. Il faudra aussi beaucoup d’imagination, et un courage collectif. L’enjeu est primordial pour la survie de notre cohésion sociale. J’ai une admiration sans borne pour les désobéisseurs, ils me permettent d’y croire encore. Mais au-delà de la désobéissance, encore faut-il proposer des alternatives.
SCE : Et vous, que proposeriez-vous ?
CJ : je vous propose de mettre tout ce joli monde dans le bon sens en ayant pleine conscience de notre responsabilité.
Maxence Le Caffre
ministre de l'Education Nationale
Souffle court éditions (SCE) : Monsieur le Ministre, selon vous, comment se porte l’Ecole publique aujourd’hui ?
MLC : Si vous me demandez ex abrupto comment se porte aujourd’hui le système éducatif français, ce pilier de la République, ce creuset où est formé chaque citoyen, eh bien je vous répondrai que globalement, la boutique tourne plutôt bien. Et ceci en premier lieu grâce au professionnalisme et au dévouement de ces femmes et de ces hommes tout à fait extraordinaires qui font la richesse et la qualité de notre institution – et dont les effectifs, je tiens à le préciser, ne sont pas en diminution, mais simplement en période de stabilisation conjoncturelle.
SCE : Tout de même, les critiques sont nombreuses, on reproche notamment à votre institution de coûter très cher pour des résultats très moyens…
MLC : Que nenni ! Laissez les Cassandre se lamenter et regardez les indicateurs comme le pourcentage d’une classe d’âge accédant au baccalauréat, qui culmine à des valeurs jamais atteintes depuis que j’ai l’honneur de diriger cette grande maison. La machine fonctionne ! Et nos Grandes Ecoles, fleuron de notre système éducatif, font toujours rêver par leur excellence universellement reconnue. Et tout ceci au prix d’un travail extraordinaire. Nihil sine labor, comme diraient les Latins !
SCE : Pourtant, les comparaisons internationales placent la France en-dessous de la moyenne. La dernière étude de l’OCDE indique que la scolarité d’un lycéen coûte au contribuable plus de dix mille euros par an, soit près de 50% de plus que la moyenne des autres pays ; et pourtant les performances de nos élèves se situent en dessous de la moyenne pour la maîtrise de la lecture, des mathématiques et de la culture scientifique.
MLC : Les résultats de l’étude (Etude internationale PISA 2009, publiée en décembre 2010) à laquelle vous faites référence sont beaucoup moins univoques que vous voudriez nous le faire croire : comparaison n’est pas raison. Tenez, par exemple, il n’y a rien de commun entre l’apprentissage de la lecture en France, basé sur un système syllabique, et au Japon, où tout repose sur la mémorisation d’idéogrammes. Nolens volens, comment voudriez-vous établir une hiérarchie du niveau de lecture des écoliers entre pays dans ces conditions ? Cessons de prêter attention à ce genre d’études internationales qui ne reflètent en rien la tradition d’excellence de notre système éducatif.
SCE : Aujourd’hui, comme vous l’avez fait remarquer, plus de 80% d’une classe d’âge obtient son baccalauréat, qui n’est plus en soi un Everest inatteignable. La réussite s’évalue surtout après le baccalauréat. Etablissez-vous un suivi statistique de la destination des élèves une fois diplômés ? De telles informations intéresseraient les établissements et les parents car elles donneraient une vraie évaluation de la performance scolaire des établissements dans le sens de la préparation des élèves à engager, pour ne pas dire réussir, des études supérieures.
MLC : Bien sûr que nous souhaiterions le faire... mais ces éléments sont très difficiles à collecter.
SCE : Pensez-vous que l’Ecole publique pourrait utilement s’inspirer de certaines méthodes managériales pour moderniser son fonctionnement et notamment la gestion de ses personnels ?
MLC : Voyez-vous, être enseignant, c’est exercer un métier à part : un professeur atteint l’excellence justement parce qu’on ne le soumet ni à des cadences productivistes, ni à une surveillance permanente. C’est grâce à cette sérénité qu’il parvient à tirer ses élèves vers le haut, à leur transmettre des savoirs et à les ouvrir au monde. Alors oui, sans doute, nos enseignants sont-ils protégés des dérives d’un management trop brutal (évaluation, reporting, indicateurs) par leur statut. Et je m’en félicite.
SCE : Du côté du paysage syndical, ne serait-il pas souhaitable d’enrichir quelque peu le vivier de vos partenaires traditionnels pour en renouveler un peu les idées ?
MLC : Vous savez, il ne suffit pas de déborder de bonne volonté naïve pour s’improviser partenaire social, encore faut-il être crédible. Depuis des décennies, mon ministère travaille en étroit partenariat avec un certain nombre d’organisations syndicales représentatives qui ont su construire leur crédibilité au fil du temps. Chacune représente les intérêts d’une corporation, nous dialoguons avec elles et c’est très bien ainsi. Cette organisation du dialogue social est héritée de mes prédécesseurs : sachons reconnaître la sagesse de nos Aînés et évitons de remettre en cause la structure actuelle du dialogue social. Sapientia est potentia.
Idées suggérées par Souffle court éditions à Monsieur le Ministre :
- Recruter des DRH dans chaque établissement et ouvrir la direction des établissements à des non enseignants.
- Créer un Observatoire des inégalités scolaire accessible sur le site du ministère présentant les établissements générant le plus de valeur ajoutée sociale en fonction du profil des élèves entrant et des débouchés post bac qu’ils trouvent.
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Le spectacle

La conférence
Affiche de la conférence

Venez participer à la conférence

Certaines informations citées au cours de la conférence gesticulée peuvent paraître incroyables… pourtant, elles sont vraies !

Pour vous en convaincre, voici la source de ces informations :

Références pour conférence (PDF)

Calendrier des prochaines représentations

Pour l’instant, une seule représentation à Sainte Foy-lès-Lyon le 10 octobre 2013. Si vous souhaitez accueillir cette conférence gesticulée chez vous, contactez-nous.

Photos et vidéos du spectacle

Les vidéos seront prises le 10 octobre.

Contacter le gesticulant

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Le Roman

Et si la dégradation du système éducatif français constituait une exceptionnelle opportunité : celle de mettre la main sur les neuf mille collèges et lycées de France ? Ce pari, c’est celui de Dave Mulland, homme d’affaires américain soutenu par une multinationale qui veut faire de l’Education Nationale une affaire juteuse.

Cet entrepreneur sans scrupule va faire voler en éclats tous les tabous et semer la panique dans les couloirs du ministère, chez les syndicats et dans les salles des profs. Sa démarche va faire émerger une nouvelle catégorie d’activistes prêts à se lancer dans une course contre la montre pour tenter de faire obstacle à l’impensable, l’introduction en bourse des écoles publiques. L’échéance est fixée au 3 juillet, jour des résultats du bac.

Les plus engagés des enseignants sauront-ils remettre en cause des décennies de pratiques collectives pour provoquer un choc salvateur et éviter que la mécanique financière ne transforme irrémédiablement leurs collègues en professeurs actionnaires ? OPA sur le Mammouth, fiction politico-financière que l’actualité récente rend étonnamment plausible, nous interroge tous sur la solidité de l’école, un des piliers de notre République.

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Nicolas Sizaret

A propos de l'auteur

Nicolas Sizaret a travaillé plusieurs années pour des cabinets d'affaires américains spécialisés dans les opérations boursières. Désireux de prendre ses distances avec le monde de la finance, il a ensuite passé six ans au sein du Ministère de l'Education nationale où il a contribué à des projets de modernisation. Il y a vécu de l’intérieur le malaise d’une institution tiraillée entre les idéaux républicains et la réalité quotidienne des établissements. OPA sur le mammouth est son premier roman.

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Contributions et témoignages

Vous pouvez nous faire part de vos commentaires sur l’utilisation de ces outils ou nous en suggérer d’autres par mail à outils@opasurlemammouth.com. Par ailleurs, signalez ici des problèmes à résoudre avec les solutions que vous suggérez en cliquant sur "témoignez" dans les rubriques 'évaluer', 'décider' et 'collaborer'. Toutes les contributions seront modérées et aucune ne sera nominative.
Vous pourrez également voter pour les propositions que vous jugerez les plus pertinentes.

Evaluer

Evaluer

La notion d’évaluation est multiple et complexe. Des générations de sociologues, psychologues, pédagogues, enseignants, philosophes, s’y sont attelé sans jamais trouver la solution idéale qui n’existe pas. Le système a donc mis en place sa propre vision de l’évaluation, la plus commode à défaut d’être la plus efficace : on évalue les élèves en permanence, les profs de façon très épisodique (triennale en moyenne), les chefs d’établissement et les inspecteurs rarement. Il convient donc de mettre en place des outils simples et de bon sens qui n’ont comme modeste objectif que de favoriser l’amélioration continue des enseignements et leur conformité avec le programme scolaire et les objectifs du projet d’établissement.

Témoignez

Diriger

Diriger

Diriger une organisation (entreprise, syndicat, collectivité, association) est un métier à part. Il nécessite d’être rompu au pilotage de la complexité. Il faut savoir évoluer dans différents espaces temps, avoir la vision moyen long terme sans se prendre les pieds dans le tapis du quotidien. Il faut savoir être seul pour décider tout en prenant en compte les avis et recommandations des parties prenantes. Il faut mettre au cœur de son fonctionnement quotidien la notion de responsabilité personnelle et collective que le chef d’établissement assume. Il faut en plus transmettre aux collègues que l’on dirige la notion d’exigence collective en stimulant leur motivation.

Témoignez

Collaborer

Collaborer

Il faut imaginer ce que représente une organisation qui gère plus d’un million de salariés qui doivent développer l’éducation de 12 millions d’usagers. Il est intrinsèque à la mission de l’éducation nationale que de savoir communiquer avec ses multiples parties prenantes (communauté éducative, élèves, parents, collectivité locale, établissements d’enseignements supérieurs, centre d’apprentissage, futurs employeurs…). C’est une médiation de grande ampleur qu’il faut savoir organiser pour favoriser le succès de l’école dans sa mission émancipatrice. Alors que notre civilisation entre par la force des choses et par la technologie numérique dans l’ère de la collaboration, l’école doit sortir de ses murs et entrer dans le jeu de la société de demain.

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Mon prof de techno est absent depuis le début de l'année

Problème: 
Je suis en troisième et mon prof de techno est en formation depuis la rentrée sans être remplacé
Proposition: 
Je propose que les absences des enseignants pour des formations soient prévues l'année scolaire précédent la formation ainsi leur absence peut être anticipée et leur remplacement organisé à l'avance.
Vote: 
Average: 1.4 (11 votes)


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Inspection : j'aimerais choisir la classe avec laquelle je serai inspecté

Problème: 
Je suis enseignant depuis 10 ans et mes relations avec mon proviseur sont tendues. Je vais passer ma deuxième inspection et il a été décidé que je serais inspecté sur ma classe de seconde. C'est une classe qui pose de nombreux problèmes à l'ensemble des profs. Comment se fait-il que je ne puisse pas être évalué sur une de mes classes de Terminale auprès desquelles mes compétences s'expriment mieux ?
Proposition: 
L'inspection n'a pas vocation à servir les intérêts du professeur mais à valider à capacité à tenir une classe. On eput donc penser qu'il a plus de chances de faire état de ses compétences devant une classe difficile. Toutefois, il ne faut pas que l'inspection tourne au chausse-trappe et aux règlements de comptes. Pour éviter ce risque il conviendrait que soient remis aux enseignants les critères d'évaluation utilisés par l'Inspecteur et que son compte rendu soit fait dans l'heure qui suit l'inspection en respectant un principe simple, chaque note doit faire l'objet d'une argumentation objective.
Vote: 
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Donner du sens aux enseignements : ouverture et transdisciplinarité

Problème: 
Mon fils a passé un semestre à étudier la filière de la pomme de terre en enseignement d'exploration en seconde (économie). Il n'a pas vu un seul agriculteur, pas rencontré un seul industriel ou maraîcher. Au bout du compte il n'a pas vu l'utilité de ce travail.
Proposition: 
Les enseignements d'exploration sont censés aborder une discipline sous un angle nouveau. Il faudrait permettre aux élèves d'en évaluer l'intérêt théorique (nombre de notions disciplinaires abordées) et pratique (méthodologie explicite). La mise en perspective d'une matière à travers les autres disciplines mais aussi les acteurs de la vie professionnelle devrait être encouragée afin que les élèves sentent mieux l'intérêt de cet apprentissage pour leur vie future.
Vote: 
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Le lycée doit vivre avec le monde qui l'environne

Problème: 
Je suis élève en section technologique (ST2S - orientation vers les métiers paramédicaux du type infirmière ou aide-soignante), j'adore ce que j'apprends et je ne comprends pas pourquoi les moyens alloués aux sections générales, et notamment la section scientifique, sont nettement supérieurs à la nôtre. Les débouchés de notre BAC sont pourtant très importants au vu du nombre élevé et en augmentation de personnes âgées qui devront se faire soigner à domicile.
Proposition: 
Le projet d'établissement devra intégrer la culture du débouché dans l'attribution des services et des financements. Si un établissement choisit de privilégier la section S par exemple, il sera évalué par rapport au nombre d'élèves qui intégreront les classes prépa ou des filières longues. Les acteurs économiques, politiques et sociaux du territoire doivent être associés au projet d'établissement.
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Orientation par défaut : le tri sélectif s'invite à l'école

Problème: 
Le conseil de classe propose d'orienter ma fille (actuellement en classe de seconde) en section STMG alors qu'elle a demandé la section ES? Je suis prête à suivre les préconisations du conseil de classe auquel je fais confiance. Toutefois, ma file m'a expliqué que cette section ( Sciences et Technologie en Management et Gestion) regroupait l'ensemble des élèves qui n'ont pu être orientés ailleurs mais qui ont été acceptés au lycée après le collège. Cette orientation par défaut est à mon sens un facteur d'échec, de démotivation des élèves mais aussi de décrochage.
Proposition: 
Pour pallier l'orientation par défaut il conviendrait de créer une section destinée aux lycéens en grande difficulté (à partir de deux redoublements au lycée) afin qu'ils retrouvent motivation et méthode de travail. Il faudrait orienter ces élèves dans des sections dédiées animées toute l'année par une équipe transdisciplinaire (éducateur, enseignants volontaires) ou d'orienter ces élèves vers les micro-lycées qui réussissent parfaitement cette mission. Pour cela la démarche de micro lycée devra être étendue.
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Equité des moyens : on se fait plaisir ou on soutient ?

Problème: 
Dans l'établissement de mon fils l'option latin compte cinq élèves. Un professeur s'occupe de ces élèves et je trouve ça très bien. Moi mon fils est dyslexique, il se bat pour arriver à quelque chose en Français. Il ne fera pas de latin. J'aimerais qu'il soit apporter le même soin aux élèves en difficulté qu'aux élèves dits d'élite.
Proposition: 
S'assurer que chaque établissement ait mis en place un outil de veille et de suivi des problèmes de dyslexie et de dyspraxie. Disposer d'une ressource dédiée à cette forme particulière de soutien afin de ne pas alimenter le sentiment d'abandon des élèves en difficulté et de leurs parents.
Vote: 
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Aux grands hommes la fratrie reconnaissante !

Problème: 
Mes deux fils ont eu le même prof d'histoire. En début d'année cette matière avait beaucoup de mal à les intéresser, en fin d'année ils aimaient cette discipline. Je sais qu'ils doivent beaucoup à l'amour que cet enseignant portait à son métier. Comment le remercier ?
Proposition: 
Il suffit de dire merci. C'est simple et ça ne peut faire que du bien. On peut aussi le lui écrire. S'il devait en avoir besoin un jour il pourrait toujours produire les courriers de satisfaction qu'il aura reçus. L'enseignant peut aussi faire évaluer son enseignement par les élèves en fin d'année et conserver d'année en année ces éléments d'appréciation pour améliorer encore son enseignement et s'adapter à un univers changeant.
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Les fins d'années scolaires...

Problème: 
Dès le début du mois de juin, mon fils joue aux cartes et regarde des films en cours. Quel intérêt a-t-il à venir au collège?
Proposition: 
1) Mettre en place un processus de révision du programme et d'accompagnement des élèves entre eux sous la supervision des enseignants. L'assiduité et l'engagement dans cette démarche comptera dans la note de la classe supérieure.
2) Prévoir les déplacements scolaires durant cette période plutôt qu'en plein milieu de l'année scolaire.
3) S'assurer que les manuels scolaires ne sont rendus que la semaine de la fermeture de l'établissement et non plusieurs semaines avant.
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Impunité

Problème: 
La proviseure de mon établissement a renvoyé abusivement une assistante d'éducation et a perdu son procès au prudhomme. Elle a bénéficié d'une impunité totale de la part de sa hiérarchie, elle exerce toujours et dans le même établissement alors que son autorité est désormais sérieusement écornée.
Comment l'Education nationale entend-elle se positionner sur ce type de décision de justice ?
Proposition: 
Il faut évaluer le personnel de direction en tenant compte non seulement des aspects administratifs mais aussi de la gestion transparente des ressources humaines et intégrer les manquements avérés, a fortiori ceux ayant un caractère juridique, dans l'évaluation annuelle du chef d'établissement. Pour prévenir ces dysfonctionnements il faudrait prévoir le recrutement systématique d'un Directeur des Ressources Humaines dans les établissements.
Vote: 
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Attribution des services des enseignants

Problème: 
Je suis le seul professeur agrégé en mathématiques de mon établissement et on refuse de me confier les classes scientifiques, au prétexte que je n'ai pas la même vision pédagogique que le reste de l'équipe qui par ailleurs n'a pas formalisé cette "vision". Qui peut m'assister ?
Proposition: 
Dans la mesure où le chef d'établissement définit des critères précis d'attribution de la Dotation Horaire Globale, et que cette répartition est expliquée et argumentée auprès de chaque enseignant le nombre de conflits (latents ou non), de frustrations etc. s'en trouvera diminué de façon significative. C'est l'absence d'explications objectives de transparence qui gonfle les tensions.
Vote: 
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Répartition des heures d'accompagnement personnalisé (AP)

Problème: 
Le nombre d'heures d'accompagnement personnalisé est réparti de manière opaque. Certaines disciplines sont favorisées provoquant l'incompréhension des professeurs qui se sentent lésés sans que leur soit fournie la moindre explication.
Proposition: 
Le proviseur rédigera annuellement une note publique destinée aux enseignants, au CA, aux représentants des élèves et aux parents d'élèves. Cette note synthétisera la ventilation des heures d'AP, la motivation de cette répartition en cohérence avec le projet d'établissement.
Vote: 
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La violence à l'école dont on ne parle pas : le caporalisme de la hiérarchie

Problème: 
Je suis enseignante agrégée du second degré dans la région bordelaise. Depuis près de deux ans le proviseur adjoint de mon établissement n'a de cesse de me mettre des bâtons dans les roues : convocations à des réunions postérieures à la dite réunion, emploi du temps bloqué lors de la pré rentrée. Quand je le croise il me salue d'un sourire qui me glace. Il m'a reproché l'autre jour en réunion d'équipe de ne pas le saluer et devant le proviseur a expliqué que selon lui mon attitude relevait d'une faute professionnelle. Il est vrai qu'il m'est devenu impossible de lui serrer la main quand d'autres collègues lui font la bise. Il s'estime insulté publiquement. Pour avoir la paix, le Proviseur n'intervient que mollement. Je sens que je passe du statut de victime à celui de collègue asociale. Cerise sur le gâteau, mon emploi du temps a été ciselé pour que mes 15 heures de service se répartissent sur l'ensemble des 9 demi journées de la semaine alors que je vis seule avec mes enfants et habite à plusieurs dizaines de kilomètres de l'établissement.
Proposition: 
Demander aux médiateurs de tenir un compte précis de ces agissements. Demander aux chefs d'établissement de tenir un registre de ces problèmes et les faire figurer dans l'évaluation des dirigeants concernés.
Intégrer ce comptage dans l'ensemble des violences faites aux enseignants qui ne sauraient se limiter aux agressions des élèves ou de leurs parents...plus visibles mais à mon sens moins nombreuses.
Vote: 
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Des ressources pour comprendre

Vidéos

Cliquez sur l'une des vidéos ci-dessous pour la visionner.

Bibliographie

Les ouvrages sur l'école se multiplient. Souvent ils dénoncent, plus rarement ils proposent des actions simples et concrètes. Toutefois, il est important de savoir comment évolue l'école. Vous trouverez ici une liste d'ouvrages qu'il nous parait important de lire.

Liens web

De nombreux sites et blogs sont déjà disponibles sur le Net. Nous en avons sélectionné quelques uns. N'hésitez pas à nous faire connaitre les sites et blogs utiles que nous aurions oubliés. contact@ecolenouvelle.org

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Remerciements

Nous remercions Mr Guy Dessauw de nous avoir ouvert généreusement l’iconographie exceptionnelle de son site http://www.le-temps-des-instituteurs.fr

Merci à Capcanal de nous avoir permis d’accéder à quelques-unes des vidéos riches et très informatives que cette chaîne à produites. Retrouvez ou découvrez urgemment la télé qui aide à grandir http://www.capcanal.tv

Merci à Ugo Longaretti et Alex Zeiller, Webmasters de talent.

Un immense merci à Stéphane Neidhardt, le Django de l’illustration qui a croqué chaque personnage de ce site. Pour voir son travail et peut-être avoir la chance de travailler avec lui : http://www.stephaneneidhardt.com/

Enfin, merci à tous les « savants » qui œuvrent pour nous aider à comprendre pour agir, merci aux désobéisseurs qui pavent de nouveaux chemins, merci aux professeurs passionnés, aux CPE dévoués et aux chefs d’établissement responsables et exigeants, tous donnent l’espoir et l’envie d’avancer avec et pour eux.